Avec la mise en service de la nouvelle station de captage de Puiseux-le-Hauberger, Chambly a retrouvé
une eau saine à la sortie de ses robinets
. Depuis trop longtemps, celle-ci était déconseillée aux femmes enceintes et aux nourrissons à cause de sa teneur en pesticides et en nitrates. La faute principalement à une utilisation abusive des pesticides et autres produits polluants, aux épandages sauvages de boues et
autres composts de déchets. Les nappes phréatiques se sont dégradées dans de nombreux départements. Le point de captage de Chambly n'a malheureusement pas échappé à ce fléau présent dans tout le département de l'Oise, d'ailleurs classé en zone vulnérable. À ce problème de qualité d'eau s'ajoutait celui des fuites sur le réseau camblysien. Il y a quelques années encore, près de 30 % des eaux usées se répandaient dans la nature et une partie des canalisations n'étaient plus aux normes. La situation était alarmante.
Les réservoirs de Chambly
De très lourds investissements
Il a donc fallu se battre pour inverser la tendance. Dès 1995, les élus se penchant sur le sujet. Patrice Gouin et Daniel Besse respectivement maire-adjoint et conseiller municipal délégués à l'environnement, obtiennent des avancées significatives : un avenant au contrat est signé avec la Lyonnaise des Eaux pour mettre en conformité le réseau, le dépôt de garantie aux abonnés est supprimé, une « garantie fuites » adoptée. Une convention locale solidarité eau pour protéger les plus démunis est également signée. Enfin, le conseil municipal d'octobre 2003 décide d'investir 7000 euros pour construire une station d'épuration mobile qui permet de combattre les pics de pollution par les pesticides. Des actions coûteuses pour la commune, et donc pour les Camblysiens.
Le cycle de l'eau
Mais plutôt que de se contenter de solutions à court terme, les élus prennent également une décision pleine de bon sens : entreprendre la recherche d'un nouveau point de captage d'où sortirait une eau de meilleure qualité. Après plusieurs forages infructueux, il est finalement décidé que la fourniture totale de l'eau serait assurée par le Syndicat des eaux du Plateau du Thelle (auquel la commune vient d'adhérer) à partir d'une installation de traitement qui sera installée sur le puits déjà existant de Puiseux-le-Hauberger. Même si la durée des travaux (installation des canalisations d'interconnexion entre Chambly et Puiseux et construction de la station) est estimée à trois ans, l'investissement en vaut la chandelle.
De la nappe à votre robinet...
Inaugurée le 15 septembre 2007, la station de traitement des eaux de Puiseux-le-Hauberger est à la fois complexe et innovante. Complexe, car l'eau est traitée grâce à l'utilisation successive de biolite (une argile qui fixe la biomasse dénitrifiante*) et de charbon actif (qui retient les pesticides). Innovante, car à ce jour, jamais ce procédé n'avait été mis en service dans l'Oise.
Une fois pompée du sol, l'eau traverse en premier lieu les filtres de dénitrification. Cela permet d'éliminer les nitrates grâce à l'action de bactéries qui les transforment en azote liquide. Ensuite, l'eau passe dans une
cascade d'aération afin d'être reoxygénée (car la dénitrification consomme l'oxygène présent dans l'eau). L'eau est ensuite acheminée à travers un lit de charbon actif. Il s'agit d'une roche carborée qui retient les pesticides. Au terme du traitement, l'eau est clorée afin d'éviter tout risque bactériologique.
Elle peut ensuite être distribuée dans tout le réseau. Cet ouvrage flambant neuf a été pensé intelligemment : sa capacité de production peut être augmentée jusqu'à son double en fonction des évolutions démographiques du territoire.
*dénitrifiante : qui retient les nitrates
La station de traitement
Trois questions à Daniel BESSE, conseiller municipal délégué à l'environnement
Améliorer la qualité de l'eau a été un travail de longue haleine...
-
En effet, cela fait maintenant six ans que nous poursuivons l'objectif d'obtenir une eau potable de bonne qualité et qui réponde aux normes européennes tant en matière de pesticides qu'au niveau des nitrates.
Comment y êtes-vous parvenu ?
-
La priorité de l'équipe municipale à consisté à traiter en premier lieu les pesticides, dont la teneur ne cessait d'augmenter. Cela a été fait par l'installation d'une station mobile sur le captage de Chambly il y a 3 ans.
Quant aux nitrates, dont le taux était à la limite des normes, nous avions dans un premier temps réussi à le maintenir constant grâce à un mélange d'eau venant de la commune de Persan. Pendant ce temps, nous avons réalisé plusieurs forages sur Chambly et les communes voisines pour trouver une eau de meilleure qualité, hélas sans résultat. C'est pourquoi nous avons décidé de nous unir avec le Syndicat des Eaux du Plateau du Thelle pour construire une nouvelle station de traitement d'eau potable à Puiseux-le-Hauberger.
Alors ça y est, la bataille pour l'eau est gagnée ?
-
Oui. Grâce à cette nouvelle station, nous pouvons affirmer que notre eau est non seulement de bonne qualité mais répond bien aux normes françaises et européennes. Enfin, nos nourrissons et futures mamans peuvent en boire sans modération.
Des résultats probants sur la qualité de l'eau
Le saviez-vous ?
Les nitrates
Ils sont présents dans le sol à l'état naturel, comme résidus de la vie des végétaux, des animaux et des hommes. Les lisiers (mélange liquide d'urine et d'excréments d'animaux de ferme) en comportent une forte concentration, tout comme les engrais. Fortement solubles, ils pénètrent le sol et les eaux souterraines et constituent l'une des causes majeures de la dégradation des eaux en France.
Les pesticides
Ce sont des produits phytosanitaires qui regroupent tout un ensemble de substances chimiques. Ils sont destinés à protéger les végétaux contre les organismes nuisibles et à détruire les végétaux indésirables. Ils contaminent les eaux de surface par ruissellement et les eaux souterraines par infiltration.
L'agriculture est le premier utilisateur de pesticides, mais pas le seul (services publics, particuliers...). La France est, derrière les Etats-Unis, le deuxième consommateur mondial de pesticides.